III) Critiques


A) Barbie et l’image du corps

          Des scientifiques reprochent à Barbie ses mensurations, non seulement inatteignables mais même dangereuses pour la santé : son tour de taille, par rapport à sa hauteur, est 39% plus faible que celui d’une anorexique. Quelqu'un atteint du syndrome de Barbie s'efforce d’acquérir les mêmes mensurations que Barbie alors que la probabilité d'avoir sa forme de corps est de 1 sur 100000.
Depuis 50 ans, la poupée Barbie est accusée par des pédopsychiatres de rendre les filles anorexiques en déformant leur image du corps.
          En effet, les enfants cherchent dans leurs jouets une partie de leur propre identité ce qui leur permet de développer leur propre image dans le futur. Avec l

a poupée Barbie, la fonction de parent disparaît ; l'enfant qui joue n'est pas censée jouer à la mère, et dans la vaste « famille » qui entoure Barbie les parents sont totalement absents. Avec leurs jouets, ils apprennent à se socialiser et à intégrer des codes et des valeurs de la société. Ils considèrent donc comme normales les mensurations de leur poupée par exemple. De plus une étude démontre que ce jouet inciterait les filles à la minceur dès 6 ans. "Dès l’âge de 6 ans, je me suis dit que je voulais ressembler à ma poupée Barbie quand je serai grande" Cindy Jackson.
           Cette femme a pratiqué une quarantaine d’opérations chirurgicales (Rhinoplastie, lifting des yeux, lifting du visage, implants aux joues, collagène dans les lèvres, opération dentaire, reduction du menton, liposuccion, traitement au laser des poils) afin de ressembler à sa poupée d’enfance.
           Afin de démontrer l’influence néfaste des Barbies, des chercheurs anglais ont donc exposé 150 petites filles à des images de Barbie, des images neutres et des images d’une poupée d’une firme concurrente aux proportions plus humaines. Puis ils leur ont proposé un questionnaire sur l’image qu’elles avaient d’elles et ont trouvé que les filles exposées aux images de Barbie souhaitaient être plus mince que les autres à l’âge adulte.
          Des chercheurs Américains ont découvert en 1995 « le syndrome de Barbie », il s’agit du désir d'avoir une apparence physique et le mode de vie de la poupée.
Ce syndrome touche surtout les adolescentes mais aussi de nombreuses préad

olescentes. Cependant, il touche aussi tous les ages.

 

          Selon des sondages, 7 femmes sur 10 souffriraient en voyant un Top model. Le nombre d’anorexie et de boulimie aurait d’ailleurs fortement augmenté du fait de l’importance de plus en plus importante de la mode et de la beauté ces dernières années.

Une femme sur 10 entre 15 et 50 ans souffrirait de troubles alimentaires, les étudiantes étant encore plus touchées que les autres femmes.
Le plus terrible est que 5 à 10% des anorexiques meurent de leur maladie de nos jours.
        Les scientifiques s’inquiètent de l’arrivée récente des poupées "Bratz" et même de personnages de jeux vidéos tels que Lara Croft ainsi que de l’évolution des personnages et figurines pour garçons qui, en quelques années se sont vus plus musclé, avec des formes de plus en plus proche de la caricature de l’homme attirant.


B) Critique par l’ironie


          La Barbie est très critiquée. Ces critiques sont souvent faites par l’ironie, due à l’image de femme stupide qu’elle dégage. La chanson Barbie Girl d’Aqua en est un des exemples les plus frappant. Nous allons analyser ces paroles, à l’origine de nombreuses controverses dans le monde entre les défenseurs de la poupée et ceux qui la critiquent :

 		YouTube 				- Barbie Girl- Aqua (Music Video)


Hi Barbie !
Hi Ken !
Do you wanna go for a ride?
Sure Ken.
Jump in.

I´m a Barbie girl, in a barbie world,

life in plastic, it´s fantastic.
You can brush my hair, undress me everywhere.
Imagination, life is your creation.

I´m a blond bimbo girl, in a fantasy world,
Dress me up, make it tight, I´m your dolly.
You're my doll, rock´n´roll, feel the glamour in pink,
Kiss me here, touch me there, hanky panky.
You can touch, you can play, if you say: "I´m always yours"

Come on Barbie, let´s go party!
ah, ah, ah, yeah !
Come on Barbie, let´s go party!


Make me walk, Make me talk,
Do wathever you please
I can act like a star, I can beg on my knees
Come jump in, bimbo friend, let us do it again,
Hit the town, fool around, let´s go party

Oh, I´m having so much fun! 

Well Barbie, we are just getting started. 

Oh, I love you Ken !



Traduction :

Salut Barbie !
Salut Ken ! 


Tu veux faire un tour ?
Bien sûr Ken
Monte...
Je suis une poupée barbie, dans un monde de barbie 


La vie en plastique, c'est fantastique !
Tu peux coiffer mes cheveux, me déshabiller partout
Imagination, la vie est ta création
Je suis une Bimbo blonde, dans un monde de rêve
Habille-moi très moulant, je suis ta poupée
Tu es ma poupée Rock'n'Roll, sois glamour en rose
Embrasse-moi ici, touche-moi là , faisons l'amour
Tu peux toucher, tu peux jouer, si tu dis: je suis à toi pour toujours
Allez Barbie ! Allons à la fête !
ah ah ah yeah
Allez Barbie ! allons à la fete !
Ouhahou ! Ouhahou !

Fais-moi marcher, fais-moi parler,
fais tout ce qui te plait 

Je peux me conduire comme une star, je peux supplier à genoux
Allez saute, mon amie bimbo, recommençons
Allons en ville, amusons nous, allons à la fête

Allez Barbie ! Allons à la fête !
Oh ! Je m’amuse tellement ! 

Tan mieux Barbie, nous ne faisons que commencer
Oh ! Comme je t'aime Ken

La chanson «  Barbie girl » du groupe Danois Aqua est une chanson de genre bubblegum dance. Elle a connu un large succès à partir des années 1990.

          Dans cette chanson Barbie devient une personne réelle qui est justement une femme-objet passive et consentante. Elle est  perçue seulement comme un objet de plaisir pour l’homme et est étonnement niaise. Elle véhicule donc une image très peu valorisante de la femme. On observe un important décalage entre les paroles relativement vulgaires ainsi que l’image de la femme qu’elles véhiculent et le clip plutôt bon enfant.
           Le clip met en scène Lene Nystrom dans le rôle de Barbie et Rene Dif dans le rôle de Ken. Ken propose à Barbie de venir faire un tour dans sa décapotable rose alors que celle-ci préfèrerait faire du roller, écouter de la musique, faire de la natation, de l'équitation, s'occuper de son chien, lire un magazine, bronzer ou encore se faire belle. Finalement, la belle se laisse convaincre. À la fin, à la fête dont Ken parle tout au long de la chanson, Barbie et ses amis dansent autour de la piscine. Lorsque celle-ci perd son bras tiré par mégarde par son petit ami Ken qui lui rend après s’être gentiment moqué d’elle, Barbie lui pardonne de bonne foi.
          Cette différence est une bonne illustration de l’ambiguïté qu’entretient cette poupée entre une image officielle de femme parfaite et une image inconsciente de femme-objet.
             De plus un sketch de Florence Foresti par exemple critiquant la poupée ou encore de nombreux films représentant Barbie toujours plus belle, plus courageuse mais complètement en dehors du mode de pensée de la société et leur parodie ainsi que les petits films la montrant brûlée par un micro-onde par exemple prouve de l’image négative que cette fameuse poupée suggère.



C) Barbie burqa


          Barbie est interdite en Arabie Saoudite depuis 1995. Elle est présentée comme un symbole de la perversion et de la décadence de l’Occident. Au Maghreb, elle affronte désormais des concurrentes locales appelées Razanne, Sarah ou Fulla. Fulla est Syrienne et c'est la seule poupée de culture musulmane à avoir rencontré le succès.
          Dans sa maison qui n'a rien a envié à celle de Barbie, elle s'habille à l'occidentale mais dès qu'elle franchit la porte elle met un voile. Mis à part celui-ci, rien ne semble distinguer Fulla de l'îcone californienne. Les dirigeants de Mattel auraient-ils créer cette concurrente pour étendre cette domination sur un marché qui rejette les valeurs de Barbie?
           A Dubaï, dans l'entreprise qui commercialise Fulla, ce soupçon est accueilli comme un compliment. C'est la preuve qu'une entreprise du Moyen-Orient est capable de concurrencer le numéro un mondial. Le directeur du marketing de Fulla a été formé aux Etats-Unis comme les dirigeants de Mattel.
         Mais d'après le journal Divergence, Fulla est prisonnière du modèle de femme idéale délivré actuellement dans une société moderne et pourtant en régression du point de vue des droits des femmes.
          C'est une « Barbie » orientale dont le concept a été mis au point pour correspondre au marché Moyen-oriental. Basé sur des études menées sur la société, le succès de Fulla, depuis son lancement en 2003, reflète parfaitement le retour des valeurs conservatrices. Les moyens mis en place pour inonder le marché sont énormes, tant sur les créneaux publicitaires que pour les espaces télévisuels destinés aux enfants. La poupée est deve  nue emblématique de la jeune fille syrienne. Elle répond aux critères normés de la femme idéale : sérieuse, respectueuse des traditions et de la religion, souriantes et certainement pas revendicatrice.
             Fulla, comme nous l'avons dit précédemment, est le modèle des petites filles dès la tendre enfance : un formatage totalement réussi si l’on en croit la popularité de la poupée. Un personnage que parents et enfants considèrent comme un membre de leur famille.
Elle est honnête et ne ment jamais, elle est aimante, dévouée et elle respecte son père et sa mère. Elle est gentille avec ses amies, elle aime la lecture et adore la mode comme Barbie. » Il est très important d’aimer la mode, cela signifie consommation car la poupée n’a pas moins de deux cents tenues différentes, dont un ensemble de prière avec tapis rose.

          A l'exception de ses beaux yeux foncés surlignés de khôl, son abaya (grand manteau) noire ne laisse rien voir. Mais, une fois à l'abri des regards des hommes, Fulla (jasmin en arabe) s'étourdit d'élégance avec ses robes du soir surbrodées et ses escarpins dorés. Elle est vendue à près de deux millions d'exemplaires dans les Carrefour et les Toys'R'Us du Moyen-Orient. Emballée dans une boîte rose mais vêtue d'une longue robe traditionnelle. Un mélange d'ultramondialisation et d'ultratraditionnalisme. Et c'est bien ce qui fait rêver Aïcha, six ans, arrière-petite-fille de Bédouins, sédentarisés à Dubaï depuis trois générations. «Elle en a déjà trois. Comme des millions de petites musulmanes, Aïcha a découvert Fulla sur les écrans publicitaires de la télévision satellite saoudienne .

Spacetoon, raconte sa mère Asma, tout en doublant une colonne de dromadaires impassibles au volant de son 4 x 4 aux vitres fumées. Son cartable, ses brassards de piscine et même ses céréales portent le logo rose à fleurs de Fulla. Je lui ai même trouvé, pour ses cours à l'école coranique, une abaya rose Fulla.»
Reste à savoir si Fulla est juste un coup marketing génial d'entrepreneurs du Moyen-Orient qui ont repris et développé un concept américain, ou si cette poupée est le cheval de Troie d'extrémistes religieux pour habituer les petites filles à se couvrir de la tête au pied dès leur plus jeune âge. Personne ne connaît l'identité exacte des créateurs de Fulla. Mattel prétend ne rien savoir, alors que dans le Golfe, les publicités Fulla débarquent sur les chaînes pour enfants anglo-saxons et hindous. Contacté par Le Figaro dans ses bureaux de Damas, Amir Tarabichi, l'un des principaux vendeur de Fulla, ne souhaite pas s'exprimer. Peu habitué à la presse occidentale, ce Syrien confie seulement qu'il «aimerait bien exporter Fulla en France». A l'heure où le premier McDo halal vient d'ouvrir ses portes en banlieue parisienne, c'est sûrement une excellente idée.

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